cinéma
un film de Florence Pezon
par Ana Crews Production et Vicki Films (Paris)
à partir du récit de Kaspar Hauser par lui-même
avec Axel Bougosslavski, Vincent Lacoste, Laurent Lacotte, Jean-Christophe Marti
voix de Jürgen Ellinghaus
… Ce film est centré autour la figure extraordinaire de Kaspar Hauser, jeune homme découvert dans les rues de Nuremberg en 1928, après une enfance passée enfermée dans un sous-sol.
… Après avoir acquis le langage, Kaspar a écrit un texte sidérant qu’interprète Axel Bougosslavski.
… Le film, tourné au Relais en 2009, propose une vision sensible et magnifique de la campagne normande.
Kaspar Film est le premier film d’un diptyque qui se nommera « Génie, Kaspar et les autres… ».
Génie est une petite fille trouvée par les services sociaux californiens en 1970. Privée de langage car tenue enfermée depuis sa naissance par ses parents, une équipe de linguistes la prend en charge. Kaspar Hauser a, un siècle auparavant, une expérience similaire. Il réussira, contrairement à Génie, à acquérir le langage et à témoigner de sa propre histoire. Le film commence par des images d’archives (Génie), et se poursuit par le récit de Kaspar, alternant avec des images de paysages où la lumière et la couleur surgissent en sensations.
Kaspar apparaît au monde en Bavière un matin de l’année 1828. Son enfermement reste une énigme qui a passionné l’Allemagne du XIXème siècle, y compris après sa mort par meurtre. La question de sa filiation est ici hors du focus du film, qui s’intéresse à Kaspar pour cette expérience si singulière qu’il nous propose, en particulier à travers son témoignage écrit.
Le texte écrit par Kaspar Hauser à la fin de sa vie tient sur quelques pages, c’est un monologue d’un seul bloc, sans ponctuation ou presque, qui tente de restituer sa découverte du monde, avec une densité involontairement poétique, qui tient d’une syntaxe parfois déstructurée.
Comment j’ai vécu dans la prison, et je décris, de quoi ça avait l’air et tout ce qui était là-dedans auprès de moi : la prison avait en grandeur six à sept pieds de long et en largeur quatre pieds il y avait là deux petites fenêtres qui avaient de huit à neuf pouces en hauteur et aussi de large et en-haut au plafond c’était comme dans une cave mais là il n’y avait rien d’autre que la paille où j’étais couché et assis, et les deux chevaux, le chien et la bonne couverture de laine et dans la terre à côté de moi il y avait un trou rond où j’ai fait mes besoins, et la cruche d’eau et sinon il n’y avait rien du tout là-dedans pas non plus de fourneau.
Kaspar Hauser
D’autres textes, lus par Jürgen Ellinghaus, sont tirés des témoignages et écrits des professeurs Daumer et Feuerbach, qui ont tous deux pris en charge Kaspar après son apparition à Nuremberg.
La projection sera suivie d’un repas en présence de l’équipe artistique.





